Flux, forme et symbole

 

Comme tout ce qui existe aux échelons inférieurs de la réalité, la spirale est un symbole. Elle représente l'éternité, car elle peut se prolonger indéfiniment. Mais parce que nous ne pouvons concevoir l'infini qu'en nos propres termes finis, nous sommes contraints de limiter l'illimité. La notion d'infini ne nous est accessible que dans une équivalence de limites imposées. Donc, pratiquement, une spirale a une fin; En deux dimensions, sur le papier, nous devons (dans notre monde spatio-temporel) cesser de la dessiner. L'univers et la conscience humaine (le macrocosme et le microcosme) sont un continuum et un tout dynamique, ce qui peut être exprimé par une spirale lorsque, au lieu de l'arrêter, on la dessine autour d'une sphère ou d'un anneau. Elle se rejoint alors et tourne indéfiniment autour de son propre centre. Ce symbole, qui tourne perpétuellement sur lui-même en se dilatant et se contractant, a un centre et une circonférence interchangeables, et n'a ni commencement ni fin. Nous l'appellerons ici le vortex sphérique.

 

 

Le perpétuel retour sur lui-même du vortex sphérique a des analogies dans la nature avec la forme d'un flux constant émis par un mouvement d'air ou d'eau. On peut observer cette forme en faisant des " ronds de fumée " de cigarette ou en laissant tomber une goutte de lait dans de l'eau bien calme. La science appelle ce phénomène anneau tourbillonnaire.

Du fait que nous sommes limités par notre espace et notre temps, nous ne pouvons étudier le continuum universel qui nous englobe qu'en de successives observations analytiques de ses parties. Ces parties, structures transitoires du perpétuel mouvement de la nature, bien qu'elles ne soient jamais parfaites, nous semblent se rapprocher de formes idéales. Dans la mesure où le flux vital et le développement archétypique du champignon, de l'embryon et du cerveau sont la structuration d'une impulsion qui se retourne sur elle-même, ils démontrent exactement la formation d'un " anneau - vortex ".

De nombreuses structures naturelles, bien que causées et formées par des phénomènes dissemblables, non seulement sont semblables d'apparence, mais sont décrites mathématiquement de façon identique.

Cela tendrait à nous faire penser qu'elles constituent dans leur ensemble un ordre supérieur, au-delà de notre conception linéaire de causes et d'effets.

 

 

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