PETIT LEXIQUE ALCHIMIQUE

 

 

ALKËST -

Les alchimistes cherchaient encore l'alkaëst ou dissolvant universel. Ce liquide devait dissoudre tous les corps qu'on y plongerait. Les uns crurent le voir dans la potasse caustique, d'autres dans l'eau régale, Glauber dans son sel admirable (sulfate de soude). Ils n'avaient oublié qu'un point, c'est que l'alkaëst dissolvant tout, aurait attaqué le vase qui le contenait. Mais comme il n'y a d'hypothèse si fausse qui ne fasse découvrir quelque vérité, en cherchant l'alkaëst les alchimistes trouvèrent plusieurs corps nouveaux.

 

ANTIMOINE -

L'antimoine est un minéral composé d'un Soufre semblable au commun, et d'une substance très proche du métal ; il est appelé "stibium" chez les Latins. On en trouve en plusieurs endroits : en Transylvanie, en Hongrie, en France et en Allemagne. On en rencontre quelquefois du minéral Chez les marchands, c'est-à-dire comme il est sorti de la mine ; mais celui qu'on apporte ordinair-ement a été fondu et mis en pains de forme pyramidale. Il faut choisir celui qui est en longues aiguilles brillantes.

L'antimoine cru est employé dans les décoctions sudorifiques lorsqu'on veut chasser les tumeurs par transpiration ; mais il faut prendre garde à ce qu'il n'y ait rien d'acide dans la décoction, car il s'ouvrirait alors et la rendrait émétique. Il est dangereux aussi pris en substance, parce qu'il peut rencontrer un acide dans l'estomac qui le pénétrerait, et produirait des vomissements importants.

Si la décoction de l'antimoine cru excite la sueur, c'est parce que quelques particules sulfureuses se sont détachées de l'antimoine, qui, n'étant pas assez fortes pour provoquer un vomissement, poussent par transpiration.

 

ARBRE DE DIANE -

Prenez une once d'argent. Faites-la dissoudre dans trois onces d'esprit de nitre. Jetez votre dissolution dans un matras où vous aurez mis 18 ou 20 onces d'eau, et 2 onces de vif-argent. Il faut que le matras soit rempli jusqu'au col. Laissez-le reposer sur un petit rondeau de paille en quelque lieu, pendant quarante jours ; vous verrez pendant ce temps-là se former un arbre avec des branches et des petites boules au bout qui représentent les fruits.

 Cette opération n'est d'aucun usage en médecine ; La description ici est simplement pour les curieux.

 

ARGENT -

Nature de l'Argent : c'est un corps pur, presque parfait, composé d'un Mercure pur, presque fixe, brillant, blanc. Son Soufre a les mêmes qualités. Il ne manque à l'Argent qu'un peu plus de fixité, de couleur et de poids.

L'argent tient le second rang parmi les métaux. C'est une matière fort compacte, unie ou moins raboteuse que l'or, et dont les pores sont plus égaux en leur figure. Il est malléable comme l'or, mais il ne s'étend pas tant sous le marteau, et n'a pas une aussi grande pesanteur.

On l'appelle Lune, tant à cause de sa couleur qu'à cause des influences que les anciens ont crû qu'il recevait de la Lune. On lui a attribué beaucoup de propriétés pour les maladies du cerveau; mais ces vertus n'ont de fondement que dans l'imagination de plusieurs astrologues et chymistes, qui ont prétendu que la Lune avait beaucoup de correspondances avec la tête. Il n'est pas besoin que je m'étende à réfuter cette opinion ; l'expérience nous montre assez tous les jours que c'est un abus.

L'argent pourrait être donné comme l'or, pour les maladies causées par le mercure, car ils s'amalgament fort bien.

 

ARSENIC -

L'arsenic est une matière minérale composée de beaucoup de Soufre et de quelques Sels caustiques. Il y en a de trois sortes :  du blanc qui porte le nom d'"arsenic", du jaune appelé "auripigmentum", et du rouge appelé "réalgar" ou "sandaracha" .  Le blanc est le plus fort de tous. 

Aucun de ces arsenics ne doit être donné intérieurement, quoique plusieurs s'étant servis du blanc affirment avoir guéri diverses maladies, et entre autres des fièvres quartes ; ils en donnent jusqu'à quatre grains dans beaucoup d'eau, et de cette manière, il provoque des vomissements, comme avec l'antimoine.

Mais je désapprouverais fort ce fébrifuge, ne conseillant à personne de donner pour remède une chose aussi dangereuse -- nous avons assez d'autres choses dans la nature pour faire vomir, sans avoir recours à l'arsenic. On s'en sert pour l'extérieur assez heureusement, parce qu'il mange les chairs superflues. On entoure les cors aux pieds d'arsenic en poudre, et il mange jusqu'à la racine sans douleur ; mais il faut veiller à couvrir la chair qui en est proche avec un emplâtre de diapalme, ainsi qu'on le fait quand on applique les caustiques.

 

BAIN DE VAPEUR -

Le bain de vapeur se fait quand un vaisseau de verre contenant quelque matière est échauffé par la vapeur de l'eau chaude.

 

BAIN-MARIE -

Le bain-marie se fait lorsque l'alambic contenant la matière qu'on veut échauffer est placé dans un vaisseau rempli d'eau, sous lequel on met du feu, afin que l'eau s'échauffant échauffe aussi la matière qui est dans l'alambic.

 

CALCINATION -

La calcination vulgaire n'est autre chose que la mort et la mortification du mixte, par la séparation de l'esprit, ou de l'humide qui liait les parties. C'est à proprement parler une pulvérisation par le feu, et une réduction du corps en chaux, cendre, terre, fleurs, etc. La [calcination] philosophique est une extraction de la substance de l'eau, du sel, de l'huile, de l'esprit, et du reste de la terre, et un changement d'accident, une altération de la quantité, une corruption de la substance, de manière cependant que toutes ces choses séparées puissent se réunir pour qu'il en vienne un corps plus parfait. La calcination vulgaire se fait par l'action du feu de nos cuisines, ou des rayons concentrés du Soleil ; la [calcination] philosophique a l'eau pour agent, ce qui a fait dire aux Philosophes : « Les Chymistes brûlent avec le feu, et nous brûlons avec l'eau » ; d'où l'on doit conclure que la Chymie vulgaire est aussi différente de la Chymie Hermétique que le feu diffère de l'eau.

 

CALCINATION DE LA LUNE -

Prenez une once de Lune fine coupellée et trois onces de mercure. Amalgamez, en chauffant d'abord l'argent en lamelles dans un creuset et en y ajoutant ensuite le mercure ; remuez avec une baguette tout en continuant à bien chauffer. On mettra ensuite cet amalgame dans du vinaigre avec du sel ; on broiera le tout avec un pilon dans un mortier de bois, tout en lavant et enlevant les impuretés. On cessera quand l'amalgame sera parfait. Puis on lavera avec de l'eau ordinaire chaude et limpide, puis on passera à travers un linge bien propre.

Ce qui restera sur le linge étant la partie la plus essentielle du corps, on le mélangera avec trois parties de sel, en broyant bien et en lavant. On calcinera enfin pendant douze heures. On recommencera à broyer avec du sel, et cela par trois fois, en renouvelant chaque fois le sel. Alors on pulvérisera la matière de manière à obtenir une poudre impalpable ; on lavera à l'eau chaude jusqu'à ce que toute saveur salée ait disparu. Enfin, on passera à travers un filtre de coton, on dessèchera, et l'on aura la Chaux blanche. On la mettra en réserve, pour s'en servir lorsqu'on en aura besoin, de peur que l'humidité ne l'altère.

.

CHAUX -

La chaux est une pierre dont le feu a desséché toute l'humidité et introduit à la place une grande quantité de corps ignés. Ce sont ces petits corps qui causent l'ébullition, lorsque l'eau a pénétré la matière qui les tenait enfermés ; et cette ébullition dure jusqu'à ce que toutes les parties de la chaux ayant été dilatées, les parties du feu soient en liberté et ne fassent plus d'effort pour sortir. Ce sont aussi ces petits corps ignés qui rendent la chaux corrosive, car la pierre ne l'est point d'elle-même. On tire plusieurs remèdes de la chaux pour l'extérieur, que nous allons décrire ; et outre cela, nous donnerons la préparation de plusieurs encres visibles et invisibles, pour les curieux.

 

CHAUX DES PHILOSOPHES -

Au nom du Seigneur. Amen. Prenez trois gros de Lune pure en lamelles ténues ; faites-en un amalgame avec quatre gros de mercure vulgaire bien lavé. Quand l'amalgame sera fait, vous le mettre dans un petit matras ayant un col d'un pied et demie. Prenez ensuite notre Mercure extrait ci-dessus du corps lunaire, et mettez-le sur l'amalgame fait avec le corps parfait et le mercure vulgaire ; lutez le vase avec le meilleur lut possible et faites sécher. Ceci fait, agitez fortement le matras pour bien mélanger l'amalgame et le mercure. Puis placez le vase où se trouve la matière dans un petit fourneau sur un feu de quelques charbons seulement ; la chaleur du feu ne doit pas être supérieure à celle du soleil lorsqu'il est dans le signe du lion. Une chaleur plus forte détruirait votre matière ; aussi, continuez ce degré de feu jusqu'à ce que la matière devienne noire comme du charbon et épaisse comme de la bouillie. Maintenez la même température jusqu'au moment où la matière prendra une couleur gris sombre ; lorsque le gris apparaîtra, on augmentera le feu d'un degré et il sera deux fois plus fort ; on le maintiendra ainsi jusqu'à ce que la matière commence à blanchir et devienne d'une blancheur éclatante. On augmentera le feu d'un degré et l'on maintiendra ce troisième degré jusqu'à ce que la matière devienne plus blanche que la neige et soit réduite en poudre plus blanche et plus pure que la cendre. Vous aurez alors la Chaux vive des Philosophes et sa minière sulfureuse que les Philosophes ont si bien cachées.

Cette Chaux convertit une quantité infinie de mercure vulgaire en une poudre très blanche qui peut être réduite en argent véritable quand on l'unit à quelque autre corps comme la Lune.

Prends le vaisseau avec la matière, ajoutes-y deux onces de mercure vulgaire bien lavé et sec ; lute avec soin, et remets le vaisseau où il était d'abord. Règle et gouverne le feu selon les degrés un, deux et trois comme ci-dessus, jusqu'à ce que le tout soit réduit en une poudre blanche ; tu pourras ainsi augmenter ta Chaux à l'infini.

Ayant donc préparé une grande quantité de notre Chaux vive ou minière, prends un creuset neuf sans son couvercle ; mets-y une once de Lune pure et lorsqu'elle sera fondue, ajoutes-y quatre onces de ta poudre agglomérée en pilules. Ces petites boules pèsent chacune le quart d'une once. On les jette une à une sur la Lune en fusion, tout en continuant un feu violent jusqu'à ce que toutes les pilules soient fondues ; on augmente encore le feu pour que tout se mélange parfaitement ; enfin, on coulera dans une lingotière. Tu auras ainsi cinq onces d'argent fin, plus pur que le naturel ; tu pourras multiplier ta minière physique à ton gré.

Réduisez en Mercure, comme il a été dit plus haut, votre Chaux vive tirée de la Lune. C'est là notre Mercure secret. Prenez donc quatre onces de notre de Chaux, extrayez le Mercure de la Lune comme vous l'avez fait plus haut. Vous recueillerez au moins trois onces de Mercure, que vous mettrez dans un petit matras à long col comme il a été dit. Puis faites un amalgame d'une once de vrai Soleil avec trois onces de mercure vulgaire et mettez-le sur le Mercure de la Lune. Agitez fortement pour bien mélanger. Lutez le vaisseau avec soin et mettez-le dans le fourneau, en réglant le feu au premier, second et troisième degré. Au premier degré, la matière deviendra noire comme du charbon ; on dit alors qu'il y a éclipse de Soleil et de Lune. C'est la véritable conjonction qui produit un enfant, le Soufre, plein d'un sang tempéré. Après cette première opération, on continue par le feu du second degré jusqu'à ce que la matière soit grise. Puis on passe au troisième degré jusqu'au moment où la matière apparaît parfaitement blanche. On augmente alors le feu jusqu'à ce que la matière devienne rouge comme du cinabre et soit réduite en cendres rouges. Tu pourras réduire cette Chaux en Soleil très pur, en faisant les mêmes opérations que pour la Lune.

 

CINABRE ARTIFICIEL -

Prenez une partie de soufre que vous ferez fondre dans une grande terrine, puis vous y mêlerez peu à peu trois parties de Mercure coulant ; il faut remuer et tenir la matière en fusion jusqu'à ce qu'il ne paraisse plus du tout de Mercure. Pulvérisez alors votre mélange, et mettez-le à sublimer dans des pots, à feu ouvert et gradué ;  vous aurez une masse dure et d'une couleur très rouge. Si quelque métal étranger s'était mêlé au Mercure, il restera au fond des pots.

Outre la commodité qu'on reçoit de transporter le Mercure facilement quand on l'a sublimé en cinabre, il est fort utile dans la peinture. On s'en sert même dans les pommades pour la gratelle; on en fait aussi des fumigatoires quand on veut exciter le flux de bouche.

 

COAGULATION -

La coagulation et la fixation sont les deux grands instruments de la Nature et de l'Art.

 

COHOBATION -

Cohober signifie réitérer la distillation d'une même liqueur, l'ayant renversée sur la matière restée dans le vaisseau. Cette opération se fait pour ouvrir les corps, ou pour volatiliser les esprits.

 

COÏT ET CONCEPTION -

Morien dit : « La science de notre Magistère est comparable en tout à la procréation de l'homme.

Premièrement, le coït.

Secondement, la conception.

Troisièmement, l'imbibition.

Quatrièmement, la naissance.

Cinquièmement, la nutrition ou alimentation. »

Je vais t'expliquer ces paroles. Notre sperme qui est le Mercure s'unit à la terre, c'est-à-dire au corps imparfait, appelé Terre Mère (la terre étant la mère de tous les éléments). C'est là ce que nous entendons par le coït.

Puis, lorsque la terre a retenu en soi un peu de Mercure, on dit qu'il y a conception. Quand nous disons que le mâle agit sur la femelle, il faut entendre par là que le Mercure agit sur la terre. C'est pourquoi les Philosophes ont dit que notre Magistère est mâle et femelle et qu'il résulte de l'union de ces deux principes.

Après l'adjonction de l'Eau, c'est-à-dire du Mercure, la terre croît et augmente en blanchissant, on dit alors qu'il y a imbibition. Ensuite le ferment se coagule, c'est-à-dire qu'il se joint au corps imparfait, préparé comme il a été dit, jusqu'à ce que sa couleur et son aspect soient uniformes : c'est la naissance, parce qu'à ce moment apparaît notre Pierre que les Philosophes ont appelée : le Roi, comme il est dit dans La Tourbe des Philosophes: « Honorez notre roi sortant du feu, couronné d'un diadème d'or; obéissez-lui jusqu'à ce qu'il soit arrivé à l'âge de la perfection, nourrissez-le jusqu'à ce qu'il soit grand.

Son père est le Soleil, sa mère est la Lune ; la Lune c'est le corps imparfait. Le Soleil c'est le corps parfait. »

Cinquièmement et en dernier lieu vient l'alimentation, plus il est nourri, plus il s'accroît. Or, il se nourrit de son lait, c'est à dire du sperme qui l'a engendré au commencement. Il faut donc l'imbiber de Mercure, jusqu'à ce qu'il en ait bu deux parties, ou plus si c'est nécessaire.

 

COULEURS -

Or, notre eau mortifie, illumine, nettoie et vivifie ; elle fait d'abord apparaître les couleurs noires pendant la mortification du corps, puis viennent les couleurs nombreuses et variées, et enfin la blancheur. Dans le mélange de l'Eau et du ferment du corps, c'est-à-dire du corps préparé, une infinité de couleurs apparaissent. C'est ainsi que notre Magistère est tiré d'un, se fait avec un, et il se compose de quatre, et trois sont en un.

 

CUIVRE -

Nature du cuivre : le cuivre est un métal impur et imparfait, composé d'un Mercure impur, instable, terrestre, combustible, rouge, sans éclat. De même pour son Soufre. Il manque au cuivre la fixité, la pureté, le poids. Il contient trop de couleur impure et de parties terreuses incombustibles.

Le cuivre est un métal qui abonde en vitriol et en soufre. Il est appelé "Vénus" parce qu'on a cru que cette planète dominait sur lui et le remplissait de ses influences. C'est pour cela qu'on lui a attribué des vertus pour exciter la semence et guérir les maladies des parties qui servent à la génération.

 

DISTILLATION -

La distillation et la sublimation n'ont été inventées qu'à l'imitation de celles de la Nature à l'égard des éléments, dont l'inclination ou la disposition à se raréfier et s'élever, à se condenser et à descendre, font tout le mélange et les productions de la Nature.

La distillation diffère de la sublimation, en ce que la première se fait par l'élévation des choses humides, qui distillent ensuite goutte à goutte, au lieu que la sublimation et l'élévation d'une matière sèche s'attache au vaisseau. L'une et l'autre sont vulgaires.

La distillation et la sublimation, philosophiquement parlant, sont une purgation, subtilisation,

rectification de la matière.

La coagulation et la fixation sont les deux grands instruments de la Nature et de l'Art.

 

ETAIN -

Nature de l'étain : c'est un corps pur, imparfait, composé d'un Mercure pur, fixe et volatil, brillant, blanc à l'extérieur, rouge à l'intérieur. Son Soufre a les mêmes qualités. Il manque seulement à l'étain d'être un peu plus cuit et digéré.

L'étain est un métal qui approche de l'argent en couleur, mais qui diffère beaucoup dans la figure des pores, en solidité et en poids. On lui a donné le nom de la planète Jupiter, dont on a voulu qu'il tirât les influences. C'est une matière malléable et très facile à mettre en fusion. Il ne se dissout pas tout à fait dans l'eau-forte, comme quelques-uns l'ont dit ; il ne s'en dissout qu'une portion, ce qui permet de savoir qu'il est composé de diverses parties, et que les pores sont de figure différente. On lui attribue des vertus contre les maladies du foie et de la matrice, mais cette qualité n'est qu'imaginaire, l'expérience ne l'ayant en aucune manière démontrée.

 

FER -

Nature du fer : le fer est un corps impur, imparfait, composé d'un Mercure impur, trop fixe, contenant des parties terreuses combustibles, blanc et rouge, mais sans éclat. Il lui manque la fusibilité, la pureté, le poids ; il contient trop de Soufre fixe impur et de parties terreuses combustibles.

Le fer est appelé Mars à cause de la planète du même nom, dont on veut qu'il tire des influences. C'est un métal très poreux composé de sel vitriolique, de Soufre et de terre mal liés et digérés ensemble. C'est pourquoi la dissolution de ses parties se fait assez facilement. On le réduit en acier au moyen de cornes ou d'ongles d'animaux avec lesquels on le stratifie, avant de le calciner. Ces matières contenant beaucoup de sel volatil, qui est alcalin, tuent les acides du fer qui tiennent les pores ouverts et le rendent plus compact. Outre que le feu emporte beaucoup des parties les plus volatiles et les plus dissolubles du fer, c'est ce qui fait que l'acier demeure plus longtemps sans se rouiller que le fer.

L'acier est préférable au fer pour les ustensiles, mais pour les remèdes, le fer est sans comparaison meilleur. Nous en donnerons les raisons dans les opérations que nous allons décrire concernant ce métal.

 

FEU DE REVERBERE  -

Le feu de réverbère se fait dans un fourneau couvert d'un dôme, afin que la chaleur ou la flamme qui cherche toujours à sortir par le haut, réverbère sur le vaisseau qu'on a posé à nu sur deux barres de fer. Ce feu-là a des degrés ; mais on peut le pousser avec plus de violence que les autres.

 

FEU DE ROUE

Le feu de roue ou de fusion se fait lorsqu'on entoure un creuset, contenant la matière qu'on veut mettre en fusion, de charbon allumé.

 

FEU DU PREMIER DEGRE

Pour faire un feu au premier degré, il faut deux ou trois petits charbons allumés, qui soient capables d'entretenir une très petite chaleur.

 

FEU DU DEUXIEME DEGRE

Pour le feu du second degré, il faut trois ou quatre charbons qui donnent une chaleur capable d'échauffer sensiblement le vaisseau, de sorte, néanmoins, que la main puisse supporter quelque temps.

 

FEU DU TROISIEME DEGRE

Pour le feu du troisième degré, il faut une chaleur suffisante pour faire bouillir un pot rempli de cinq ou six pintes d'eau.

 

FEU DU QUATRIEME DEGRE

Pour le quatrième degré, il faut se servir du charbon et du bois qui excitent une dernière violence de feu.

 

FEUX UTILISES EN ALCHIMIE

Pour faire un feu au premier degré, il faut deux ou trois petits charbons allumés, qui soient capables d'entretenir une très petite chaleur. Pour le feu du second degré, il faut trois ou quatre charbons qui donnent une chaleur capable d'échauffer sensiblement le vaisseau, de sorte, néanmoins, que la main puisse supporter quelque temps. Pour le feu du troisième degré, il faut une chaleur suffisante pour faire bouillir un pot rempli de cinq ou six pintes d'eau.

Pour le quatrième degré, il faut se servir du charbon et du bois qui excitent une dernière violence de feu. Les feux de sable, de limaille de fer, et de cendres se font lorsque le vaisseau contenant la matière qu'on veut échauffer est entouré, dessous et sur les côtés, de sable ou de limaille de fer, ou de cendres ; Cela se pratique afin que le vaisseau soit échauffé doucement. Ces feux ont tous leurs degrés ; mais celui de cendres est le plus doux, parce que les cendres ne retiennent pas une chaleur aussi grande que les autres matières.

Le feu de réverbère se fait dans un fourneau couvert d'un dôme, afin que la chaleur ou la flamme qui cherche toujours à sortir par le haut, réverbère sur le vaisseau qu'on a posé à nu sur deux barres de fer. Ce feu-là a des degrés ; mais on peut le pousser avec plus de violence que les autres.

Le feu de roue ou de fusion se fait lorsqu'on entoure un creuset, contenant la matière qu'on veut mettre en fusion, de charbon allumé.

Le bain-marie se fait lorsque l'alambic contenant la matière qu'on veut échauffer est placé dans un vaisseau rempli d'eau, sous lequel on met du feu, afin que l'eau s'échauffant échauffe aussi la matière qui est dans l'alambic.

Le bain de vapeur se fait quand un vaisseau de verre contenant quelque matière est échauffé par la vapeur de l'eau chaude.

 

FIXATION

La coagulation et la fixation sont les deux grands instruments de la Nature et de l'Art.

 

HOMONCULUS -

Les premiers alchimistes n'avaient pour but que la transmutation des métaux, mais plus tard ils se proposèrent plusieurs autres problèmes. Dans leur orgueil, ils crurent pouvoir s'égaler à Dieu et créer de toutes pièces des êtres animés. Déjà, suivant la légende, Albert le Grand avait construit un automate en bois, un androïde auquel il avait donné la vie par les conjurations puissantes. Paracelse alla plus loin et prétendit créer un être vivant en chair et en os, l'homonculus. On trouve dans son traité, De natura rerum (Paracelsi opera omnia medico chimico chirurgica, Tome II) la manière de procéder. Dans un récipient, on place différents produits animaux que nous ne nommerons pas et pour cause ; Les influences favorables des planètes et une douce chaleur sont nécessaires pour la réussite de l'opération. Bientôt une légère vapeur s'élève dans le récipient, elle prend peu à peu la forme humaine, la petite créature s'agite, elle parle, l'homonculus est né ! Paracelse indique très sérieusement le parti que l'on peut en tirer et la façon de le nourrir.

 

HUILE DE TARTRE -

Prenez du bon tartre, dont la cassure soit brillante, calcinez-le au fourneau à réverbère pendant dix heures ; ensuite, vous le mettrez sur une plaque de marbre après l'avoir pulvérisé et vous le laisserez dans un lieu humide, il se résoudra en un liquide huileux. Lorsqu'il sera entièrement liquéfié, on le passera à travers un filtre de coton. Vous le conserverez soigneusement, il vous servira à imbiber votre chaux.

 

MERCURE -

Apprend que le Mercure est le sperme cuit de tous les métaux -- sperme imparfait quand il sort de la terre, à cause d'une certaine chaleur sulfureuse. Suivant son degré de sulfuration, il engendre les divers métaux dans le sein de la terre. Il n'y a donc qu'une seule matière première des métaux ; suivant une action naturelle plus ou moins forte, suivant le degré de cuisson, elle revêt des formes différentes. Tous les Philosophes sont d'accord sur ce point. En voici la démonstration : chaque chose est composée des éléments en lesquels on peut la décomposer. Citons un exemple impossible à nier et facile à comprendre : la glace à l'aide de la chaleur se résout en eau, donc c'est de l'eau. Or, tous les métaux se résolvent en Mercure ; donc ce Mercure est la matière première de tous les métaux.

 

MORTIFICATION

Mortifier est changer la forme extérieure d'un mixte comme on fait au Mercure. On mortifie aussi les esprits quand on les mêle à d'autres qui lient ou détruisent leur force.

 

NAISSANCE

Morien dit : « La science de notre Magistère est comparable en tout à la procréation de l'homme.

C'est là ce que nous entendons par le coït. ( Répétition du 1er paragraphe du coït....Voir à Coït)

Puis, lorsque la terre a retenu en soi un peu de Mercure, on dit qu'il y a conception. Quand nous disons que le mâle agit sur la femelle, il faut entendre par là que le Mercure agit sur la terre. C'est pourquoi les Philosophes ont dit que notre Magistère est mâle et femelle et qu'il résulte de l'union de ces deux principes.

Après l'adjonction de l'Eau, c'est-à-dire du Mercure, la terre croît et augmente en blanchissant, on dit alors qu'il y a imbibition. Ensuite le ferment se coagule, c'est-à-dire qu'il se joint au corps imparfait, préparé comme il a été dit, jusqu'à ce que sa couleur et son aspect soient uniformes : c'est la naissance, parce qu'à ce moment apparaît notre Pierre que les Philosophes ont appelée : le Roi, comme il est dit dans La Tourbe des Philosophes: « Honorez notre roi sortant du feu, couronné d'un diadème d'or; obéissez-lui jusqu'à ce qu'il soit arrivé à l'âge de la perfection, nourrissez-le jusqu'à ce qu'il soit grand.

Son père est le Soleil, sa mère est la Lune ; la Lune c'est le corps imparfait. Le Soleil c'est le corps parfait. »

Cinquièmement et en dernier lieu vient l'alimentation, plus il est nourri, plus il s'accroît. Or, il se nourrit de son lait, c'est à dire du sperme qui l'a engendré au commencement. Il faut donc l'imbiber de Mercure, jusqu'à ce qu'il en ait bu deux parties, ou plus si c'est nécessaire.

 

OR -

Nature de l'Or : l'Or est un corps parfait composé d'un Mercure pur, fixe, brillant, rouge, et d'un Soufre pur, fixe, rouge, non combustible. L'Or est parfait (en fait de l' Or " Espagnol " soit 11 carats ).

L'or tient le premier rang parmi les sept métaux, parce qu'il est le plus parfait, le plus pesant, et qu'il est dit recevoir des influences du plus beau de tous les astres, qui est le Soleil. Il est aussi appelé "le roi des métaux" pour la même raison. C'est une matière très compacte, malléable, inégale en ses parties, de sorte qu'on y remarque des pores de différentes figures lorsqu'on le regarde avec un bon microscope. L'or est un bon remède pour ceux qui ont trop pris de mercure, car ces deux métaux se lient ensemble facilement, et, par cette liaison ou amalgame, le mercure est fixé, et son mouvement interrompu : c'est ce qu'on remarque bien en ceux qui ont reçu les frictions du mercure, car s'ils tiennent une pièce d'or dans la bouche quelque temps, celle-ci se blanchit par la vapeur du mercure.

 

OR POTABLE

Enfin, les alchimistes cherchaient l'or potable. Suivant eux, l'or étant un corps parfait, devait être un remède énergique et communiquant à l'organisme une résistance considérable à toute espèce de maladies. Les uns se servaient d'une solution de chlorure d'or ainsi qu'on peut le voir par le passage suivant : « Si on verse abondamment de l'eau dans cette solution et qu'on y mette de l'étain, du plomb, du fer ou du bismuth, l'or étant précipité, a accoutumé de s'attacher au métal. Et aussitôt que vous remuerez l'eau, l'or précipité ressemble à un limon trouble se rassemble dans l'eau » (Glauber, La médecine universelle).

 

PALINGENESIE

La Palingénésie peut, comme conception, être rapprochée de l'homonculus. Ce mot signifie résurrection ; c'était en effet une opération par laquelle on reconstituait un arbuste, une fleur, avec ses seules cendres. Kircher, dans son Mundus subterraneus, a indiqué la façon de faire renaître une fleur de ses cendres.

 

PIERRE PHILOSOPHALE -

Qu'entend -t- on par Pierre Philosophale ?

(Cette question, si simple au premier aspect, est cependant assez difficile à résoudre). Ouvrons-les dictionnaires sérieux, parcourons les graves compilations des rares savants qui ont daigné traiter ce sujet. La conclusion est assez facile à poser : « Pierre philosophale, transmutation des métaux, égale : ignorance, fourberie, folie. »

Si pourtant nous réfléchissons qu'en somme, pour parler draps, mieux vaut aller au drapier qu'au docteur ès-lettres, l'idée nous viendra peut-être de voir ce que pensent les alchimistes de la question. Or, au milieu des obscurités voulues, et des symboles nombreux qui remplissent leurs traités, il est un point sur lequel ils sont tous d'accord, c'est la définition et les qualités de la pierre philosophale.

La pierre philosophale parfaite est une poudre rouge qui a la propriété de transformer toutes les

impuretés de la nature.

On croit généralement qu'elle ne peut servir, d'après les alchimistes, qu'à changer du plomb ou du mercure en or. C'est une erreur. La théorie alchimique dérive de sources bien trop spéculatives pour localiser ainsi ses effets. L'évolution étant une des grandes lois de la nature, ainsi que l'enseignait il y a plusieurs siècles l'hermétisme, la pierre philosophale fait évoluer rapidement ce que les formes naturelles mettent de longues années à produire ; voilà pourquoi elle agit, disent les adeptes, sur les règnes végétal et animal, aussi bien que sur le règne minéral et peut s'appeler médecine des trois règnes.

La pierre philosophale est une poudre qui peut affecter plusieurs couleurs différentes suivant son degré de perfection, mais qui, pratiquement, n'en possède que deux : blanche ou rouge.

La véritable pierre philosophale est rouge. Cette poudre rouge possède trois vertus :

1° Elle transforme en or le mercure ou le plomb en fusion sur lesquels on en dépose une pincée;  je dis en or, et non en un métal qui s'en approche plus ou moins, comme l'a cru un savant contemporain [Note : Marcellin Berthelot].

2° Elle constitue un dépuratif énergique pour le sang et guérit rapidement, prise à l'intérieur, quelque maladie que ce soit.

3° Elle agit de même sur les plantes en les faisant croître, mûrir et fructifier en quelques heures.

 

Voilà trois points qui paraîtront bien fabuleux à beaucoup de gens, mais les alchimistes sont tous d'accord à ce sujet.

Il suffit, du reste, de réfléchir pour voir que ces trois propriétés n'en constituent qu'une seule :

renforcement de l'activité vitale.

La pierre philosophale est donc tout simplement une condensation énergique de la Vie dans une petite quantité de matière, et elle agit comme un ferment sur les corps en présence desquels on la met. Il suffit d'un peu de pierre philosophale pour développer la vie contenue dans une matière quelconque, minérale, végétale ou animale. Voilà pourquoi les alchimistes appellent leur pierre : "Médecine des trois règnes".

Nous savons maintenant ce qu'est cette pierre philosophale, assez pour en reconnaître la description dans une histoire symbolique, et là doivent se borner nos ambitions.

 

FABRICATION DE LA PIERRE PHILOSOPHALE

Voyons maintenant sa fabrication. Voici quelles sont les opérations essentielles :

 - Tirer du mercure vulgaire en un ferment spécial appelé par les alchimistes mercure des philosophes ;

 - Faire agir le ferment du mercure sur l'or pour en tirer aussi du ferment ;

 - Combiner le ferment tiré de l'or avec le ferment tiré de l'argent et le ferment mercuriel dans un matras de verre vert très solide et en forme d'œuf, boucher hermétiquement ce matras et le mettre à cuire dans un fourneau particulier appelé par les alchimistes athanor.

 

L'athanor ne diffère des autres fourneaux que par une combinaison qui permet de chauffer pendant très longtemps et d'une façon spéciale l'œuf susdit.

 

LES COULEURS

C'est alors (pendant cette cuisson), et alors seulement, que se produisent certaines couleurs sur

lesquelles sont basées toutes les histoires alchimiques. La matière contenue dans l'œuf devient d'abord noire, tout semble putréfié : cet état est désigné par le nom de tête de corbeau. Tout à coup, à cette couleur noire succède une blancheur éclatante. Ce passage du noir au blanc, de l'obscurité à la lumière, est une excellente pierre de touche pour reconnaître une histoire symbolique qui traite de l'alchimie.

La matière ainsi fixée au blanc sert à transmuer les métaux impurs (plomb, mercure) en argent.

Si on continue le feu, on voit cette couleur blanche disparaître peu à peu ; la matière prend des teintes diverses, depuis les couleurs inférieures du spectre (bleu, vert) jusqu'aux couleurs supérieures (jaune orangé), et enfin arrive au rouge rubis. La pierre philosophale est alors presque terminée.

Je dis presque terminée, car à cet état, 10 grammes de pierre philosophale ne transmuent pas plus de 20 grammes de métal. Pour parfaire la pierre, il faut la remettre dans un œuf avec un peu de mercure des philosophes et commencer à chauffer. L'opération, qui avait demandé un an, ne demande plus que trois mois, et les couleurs reparaissent dans le même ordre que la première fois. A cet état, la pierre transmue en or dix fois son poids.

 

On recommence encore l'opération. Elle ne dure qu'un mois ; la pierre transmue mille fois son poids de métal. Enfin, on la fait une dernière fois, et on obtient la véritable pierre philosophale parfaite, qui transmue dix mille fois son poids de métal en or pur.

Ces opérations sont désignées sous le nom de multiplication de la pierre.

 

EXPLICATION DES TEXTES ALCHIMIQUES

Quand on lit un alchimiste, il faut donc voir de quelle opération il parle :

1° S'il parle de la fabrication du mercure des philosophes, auquel cas il sera sûrement inintelligible pour le profane ;

2° S'il parle de la fabrication de la pierre proprement dite, auquel cas il parlera clairement ;

3° S'il parle de la multiplication, et alors il sera tout à fait clair.

Muni de ces données, le lecteur peut ouvrir le livre de M. Figuier et, s'il n'est pas ennemi d'une douce gaieté, lire de la page 8 à la page 52. Il déchiffrera aisément le sens des histoires symboliques qui sont si obscures pour M. Figuier et lui font hasarder de si joyeuses explications. Témoin, l'histoire suivante qu'il traite de grimoire (p. 41) :

Il faut commencer au Soleil couchant, lorsque le mari Rouge et l'épouse Blanche s'unissent dans l'esprit de vie pour vivre dans l'amour et dans la tranquillité, dans la proportion exacte d'eau et de terre.   Mise dans le matras en forme d'œuf des deux ferments, actif ou Rouge, passif ou Blanc.

De l'Occident avance-toi à travers les ténèbres vers le Septentrion.

Divers degrés de feu altère et dissous le mari entre l'hiver et le printemps change l'eau en une terre noire et élève-toi à travers les couleurs variées vers l'Orient où se montre la pleine Lune.

Tête de corbeau, couleurs de l'œuvre. Après le purgatoire apparaît le soleil blanc et radieux.

Blanc

 

 (Riplée)

En considérant une histoire symbolique, il faut toujours chercher le sens hermétique qui était le plus caché et qui s'y trouve presque sûrement. Comme la nature est partout identique, la même histoire qui exprime les mystères du grand œuvre pourra signifier également le cours du soleil (mythes solaires) ou la vie d'un héros fabuleux. L'initié seul sera donc en état de saisir le troisième sens (hermétique) des mythes anciens [Note : Cf. Jean-Marie Ragon, Fastes initiatiques (La Maçonnerie occulte)], tandis que le savant n'y verra que les premier et deuxième sens (physique et naturel, cours du Soleil, Zodiaque, etc.), et le paysan n'en comprendra que le premier sens (histoire du héros).

Les aventures de Vénus, de Vulcain et de Mars sont célèbres à ce point de vue parmi les alchimistes [Note : Voyez l'admirable traité intitulé La Lumière sur le Sentier, transmis apr Mabel Collins].

D'après tout cela, on voit que, pour faire la pierre philosophale, il faut avoir le temps et la patience. Celui qui n'a pas tué en lui le désir de l'or ne sera jamais riche, alchimiquement parlant. Il suffit, pour s'en convaincre, de lire les biographies de deux alchimistes du XIXe siècle, Cyliani [Note : Hermès Dévoilé] et Cambriel [Note : Cours d'alchimie en dix-neuf leçons].

Physiquement, la pierre philosophale serait donc une poudre rouge assez semblable comme consistance au chlorure d'or et de l'odeur du sel marin calciné.

Chimiquement, c'est une simple augmentation de densité, si l'on admet l'unité de la matière, idée fort en honneur parmi les philosophes chimistes contemporains. En effet, le problème à résoudre consiste à transformer un corps de la densité de 13,6 comme le mercure, en un corps de la densité de 19,5 comme l'or. Cette hypothèse de la transmutation est-elle en désaccord avec les plus récentes données de la chimie ?

C'est ce que nous allons voir.

 

III - LA CHIMIE ACTUELLE PERMET-ELLE DE NIER L'EXISTENCE DE LA PIERRE PHILOSOPHALE ?

Deux chimistes contemporains ont poussé leurs investigations dans l'obscur domaine de l'alchimie ; ce sont MM. Figuier, vers 1853, qui publiait L'Alchimie et les Alchimistes, livre dont nous aurons tout à l'heure l'occasion de parler, et M. le professeur M. Berthelot, membre de l'Institut, qui fit paraître, en 1885, Les origines de l'Alchimie.

Ces deux savants officiels, le dernier surtout, font autorité en la matière, et leur opinion mérite d'être écoulée par toutes les personnes sérieuses.

Tous deux considèrent l'alchimie et son but comme de beaux rêves dignes des temps passés ; tous deux, ils nient formellement l'existence de la pierre philosophale (quoique Figuier prouve à son insu que, scientifiquement, la chose ne peut pas être niée a priori. Ainsi Figuier dit : « Dans l'état présent de nos connaissances, on ne peut prouver, d'une manière absolument rigoureuse que la transmutation des métaux soit impossible ; quelques circonstances s'opposent à ce que l'opinion alchimique soit rejetée comme une absurdité en contradiction avec les faits » [Note : L'alchimie et les alchimistes, p. 353].

M. Berthelot, dans plusieurs passages de son livre, montre que, loin d'être opposée à la chimie contemporaine, la théorie alchimique tend, au contraire, à remplacer aujourd'hui les données primitives de la philosophie chimique. Voici quelques extraits à l'appui.

« A travers les explications mystiques et les symboles dont s'enveloppent les alchimistes, nous pouvons entrevoir les théories essentielles de leur philosophie, lesquelles se réduisent, en somme, à un petit nombre d'idées claires, plausibles, et dont certaines offrent une analogie étrange avec les conceptions de notre temps [Note : Marcellin Berthelot, Les origines de l'alchimie, p. 280].

Pourquoi ne pourrions-nous pas former le soufre avec l'oxygène, former le sélénium et le tellure avec le soufre, par des procédés de condensation convenables ? Pourquoi le tellure, le sélénium ne pourraient-ils pas être changés inversement en soufre, et celui-ci, à son tour, métamorphosé en oxygène ? Rien, en effet, ne s'y oppose a priori. [Note : Ibid., p. 297]

Assurément, je le répète, nul ne peut affirmer que la fabrication des corps réputés simples soit impossible a priori. » [Note : Ibid., p. 321]

Tout cela montre assez que la pierre philosophale n'était pas fatalement impossible, même de l'avis des savants contemporains. C'est maintenant qu'il nous faut chercher si nous avons des preuves positives de son existence.

 

IV - PREUVES DE L'EXISTENCE DE LA PIERRE PHILOSOPHALE DISCUSSION DE LEUR VALIDITÉ

 

Nous affirmons que la pierre philosophale a donné de son existence des preuves irréfutables et nous allons exposer les faits sur lesquels se basent nos convictions.

Nous avons dit les faits, car on ne peut considérer comme absolument sérieuses les démonstrations tirées des raisonnements plus ou moins solides. C'est dans le domaine de l'histoire que les affirmations sont toujours faciles à contrôler à toute époque, et par là même vraiment irréfutables.

Nous allons donc exposer les arguments invoqués par les adversaires de l'alchimie contre la

transmutation, et ce sont des faits qui, seuls, pourront victorieusement réfuter chacune de ces

objections.

C'est Geoffroy l'aîné qui s'est chargé, en 1722, de faire le procès des alchimistes devant l'Académie. Si l'on en croit son mémoire, les nombreuses histoires de transmutation sur lesquelles les adeptes basent leur foi, sont facilement explicables par la supercherie. Des philosophes incontestés, tels que Paracelse ou Raymond Lulle, laissaient là pour un moment les spéculations abstraites pour faire quelques tours adroits d'escamotage devant de bons naïfs ébahis. Cependant, analysons les moyens de tromper dont ils disposaient, et cherchons à déterminer des conditions expérimentales, mettant à néant ses arguments

Les alchimistes se servent pour tromper les assistants de :

1° Creusets à double fond ;

2° Charbons ou baguettes creux et remplis de poudre d'or ;

3° Réactions chimiques inconnues alors et parfaitement connues aujourd'hui.

Pour qu'une de ces conditions se réalise, il faut nécessairement que l'alchimiste soit présent à

l'opération ou ait touché auparavant aux instruments employés.

 

Donc, dans la détermination expérimentale d'une transmutation, l'absence de l'alchimiste sera la première et la plus indispensable des conditions.

Il faudra, de plus, qu'il n'ait eu en main aucun des objets qui serviront à cette transmutation.

 

Enfin, pour répondre aux derniers arguments, il est indispensable que les données de la chimie

contemporaine soient impuissantes à expliquer normalement le résultat obtenu.

Pour que notre travail trouve encore une base d'évidence plus solide, il faut mettre le lecteur à même de contrôler facilement toutes nos affirmations ; c'est pourquoi nous tirerons nos arguments d'un seul ouvrage facile à trouver : L'alchimie et les alchimistes, de Louis Figuier.

Rappelons, avant de passer outre, les plus essentielles conditions :

1° Absence de l'alchimiste ;

2° Qu'il n'ait touché à rien de ce qui sert à l'opérateur ;

3° Que le fait soit inexplicable par la chimie contemporaine.

 

Et on peut ajouter encore :

4° Que l'opérateur ne puisse pas être soupçonné de complicité.

 

Ouvrons le livre de M. Figuier, édition de 1854, chapitre III, page 206. Là, nous trouvons, non pas un, mais trois faits répondant à toutes nos conditions et que nous allons discuter un à un.

Non seulement l'opérateur n'est pas alchimiste, mais c'est un savant considéré, un ennemi déclaré de l'alchimie, ce qui répond encore avec plus de force à notre quatrième condition. Parlons d'abord d'Helvétius et de sa transmutation ; nous citons textuellement Figuier :

« Jean Frédéric Schweitzer, connu sous le nom latin d'Helvétius, était un des adversaires les plus décidés de l'alchimie ; il s'était même rendu célèbre par un écrit contre la poudre sympathique du chevalier Digby. Le 27 décembre 1666, il reçut à La Haye la visite d'un étranger vêtu, dit-il, comme un bourgeois du nord de la Hollande et qui refusait obstinément de faire connaître son nom. Cet étranger annonça à Helvétius que sur le bruit de sa dispute avec le chevalier Digby, il était accouru pour lui porter les preuves matérielles de l'existence de la pierre philosophale. dans une longue conversation, l'adepte défendit les principes hermétiques, et, pour lever les doutes de son adversaire, il lui montra dans une petite boîte d'ivoire la pierre philosophale. C'était une poudre d'une métalline couleur de soufre. En vain, Helvétius conjura-t-il l'inconnu de lui démontrer par le feu les vertus de sa poudre ; l'alchimiste résista à toutes les instances et se retira en promettant de revenir dans trois semaines.

Tout en causant avec et homme et en examinant la pierre philosophale, Helvétius avait eu l'adresse d'en détacher quelques parcelles et de les tenir cachées sous son ongle. A peine fut-il seul qu'il s'empressa d'en essayer les vertus. Il mit du plomb en fusion dans un creuset et fit la projection.

Mais tout se dissipa en fumée. Il ne resta dans le creuset qu'un peu de plomb et de terre vitrifiée.

Jugeant dès lors cet homme comme un imposteur, Helvétius avait à peu près oublié l'aventure lorsque, trois semaines après et au jour marqué, l'étranger reparut. Il refusa encore de faire lui-même l'opération; mais, cédant aux prières du médecin, il lui fit cadeau d'un peu de sa pierre, à peu près la grosseur d'un grain de millet. Et, comme Helvétius exprimait la crainte qu'une si petite quantité de substance ne pût avoir la moindre propriété, l'alchimiste, trouvant encore le cadeau trop magnifique, en enleva la moitié, disant que le reste était suffisant pour transmuter une once et demie de plomb.

En même temps, il eut soin de faire connaître avec détails les précautions nécessaires à la réussite de l'œuvre et recommanda surtout, au moment de la projection, d'envelopper la pierre philosophale d'un peu de cire, afin de la garantir des fumées du plomb.

Helvétius comprit en ce moment pourquoi la transmutation qu'il avait essayée avait échoué

entre ses mains; il n'avait pas enveloppé la pierre dans la cire et négligé, par conséquent,

une précaution indispensable.

L'étranger promettait d'ailleurs de revenir le lendemain pour assister à l'expérience.

Le lendemain, Helvétius attendit inutilement ; la journée s'écoula tout entière sans que l'on vit paraître personne. le soir venu, la femme du médecin, ne pouvant plus contenir son impatience, décida son mari à tenter seul l'opération.

L'essai fut exécuté par Helvétius en présence de sa femme et de son fils. Il fondit une once et demie de plomb, projeta sur le métal en fusion la pierre enveloppée de cire, couvrit le creuset de son couvercle et le laissa exposé un quart d'heure à l'action du feu. Au bout de ce temps, le métal avait acquis la belle couleur verte de l'or en fusion ; coulé et refroidi, il devint d'un jaune

magnifique.

Tous les orfèvres de La Haye estimèrent très haut le degré de cet or. Povelius, essayeur général des monnaies de la Hollande, le traita sept fois par l'antimoine sans qu'il diminuât de poids. »

Telle est la narration qu'Helvétius lui-même donne de cette aventure. Les termes et les détails minutieux de son récit excluent, de sa part, tout soupçon d'imposture. Il fut tellement émerveillé de ce succès que c'est à cette occasion qu'il écrivit son Vitulus aureus, dans lequel il raconte ce fait et défend l'alchimie.

 

*

* *

Ce fait répond à toutes les conditions requises. Cependant, M. Figuier, sentant combien il était difficile à expliquer, ajouta quelques explications dans une édition postérieure (1860).

Voulant trouver partout a priori de la fraude, voici son argument principal: L'alchimiste a soudoyé un complice qui est venu mettre dans un des creusets d'Helvétius un composé d'or facilement décomposable par la chaleur. Est-il nécessaire de montrer la naïveté de cette objection

1° Comment choisir juste le creuset que prendra Helvétius ?

2° Comment croire que celui-ci soit assez sot pour ne pas reconnaître un creuset vide d'un plein ou un alliage d'un métal ?

3° Pourquoi ne pas se donner la peine de relire le récit des faits ? M. Figuier aurait vu deux points importants : d'abord la phrase suivante : « Il prit une once et demie de plomb », ce qui indique qu'il l'a pesée, qu'il l'a maniée, ce qui l'aurait mis à même de vérifier facilement si c'était vraiment du plomb.

4° Ensuite ce petit détail : « Il couvrit le creuset de son couvercle », ce qui empêche toute évaporation ultérieure.

5° Supposé même que vraiment Helvétius ait été trompé ; que lui, savant expérimenté, ait pris de l'or pour du plomb, la preuve de la transmutation n'en ressort pas moins évidente, car les critiques oublient toujours le fait suivant : S'il existe un alliage cachant l'or en lui, le lingot, après évaporation ou oxydation du métal impur Pèsera beaucoup moins que le métal initialement employé. Si, au contraire, il y a adjonction par un procédé quelconque, d'or, le lingot pèsera beaucoup plus que le métal initialement employé.

Or, la transmutation de Bérigard de Pise, qu'on trouvera ci-après, prouve irréfutablement l'inanité de ces arguments.

Enfin, pour détruire à tout jamais les affirmations de M. Figuier, il suffit de remarquer que les orfèvres de La Haye, ainsi que l'essayeur des monnaies de la Hollande, constatent la pureté absolue de l'or, ce qui serait impossible s'il y avait eu un alliage quelconque. Ainsi tombe d'elle-même l'explication que le critique donne de ce fait : « Nous ne pouvons guère expliquer aujourd'hui ces faits qu'en admettant que le mercure dont on faisait usage ou le creuset que l'on employait recelaient une certaine quantité d'or dissimulée avec une habileté merveilleuse. » [Note : Louis Figuier, ibid., p.210].

Nous avons dit qu'un seul fait bien prouvé suffisait pour démontrer l'existence de la pierre philosophale ; et nous constaterons qu'il répond aux conditions scientifiques posées. En effet : le mercure ou le plomb contenaient-ils de l'or ? Je ne le pense pas, attendu :

1° Qu'Helvétius, qui ne croyait pas à l'alchimie  n'allait pas s'amuser à en mettre ;

2° Que dans aucun cas l'alchimiste n'avait touché aux objets employés.

 

Tels sont les faits qui nous ont conduit à cette conviction : la pierre philosophale a donné de son

existence des preuves irréfutables, à moins de nier à jamais le témoignage des textes, de l'histoire et des hommes.

Papus (Dr. Gérard Encausse), préface de 50 merveilleux secrets d'Alchimie, de Phaneg (1891).

 

PLOMB

Nature du plomb : c'est un corps impur et imparfait, composé d'un Mercure impur, instable, terrestre, pulvérulent, légèrement blanc à l'extérieur, rouge à l'intérieur. Son Soufre est semblable et de plus combustible. Il manque au plomb la pureté, la fixité, la couleur ; il n'est pas assez cuit.

Le plomb est un métal rempli de Soufre, ou d'une terre bitumineuse qui le rend mollasse et très pliant. Il a des pores assez semblables à ceux de l'étain. On l'appelle Saturne à cause des influences qu'il est dit recevoir de la planète du même nom.

Il est propre à calmer les ardeurs de Vénus, en application sur le périnée, du fait de sa froideur. On l'applique aussi sur plusieurs tumeurs causées par un sang trop agité.

 

PUTREFACTION -

La putréfaction est en quelque façon la clef de toutes les opérations, quoiqu'elle ne soit pas proprement la première. Elle nous découvre l'intérieur du mixte : elle est l'outil qui rompt les liens des parties ; elle rend, comme le disent les Philosophes, l'occulte manifeste. Elle est le principe du changement des formes, la mort des accidentelles, le premier pas à la génération, le commencement et le terme de la vie, le milieu entre le non-être et l'être.

Le Philosophe veut qu'elle se fasse, quand le corps dissous par une résolution naturelle, est soumis à l'action de la chaleur putrédinale. La distillation et la sublimation n'ont été inventées qu'à l'imitation de celles de la Nature à l'égard des éléments, dont l'inclination ou la disposition à se raréfier et s'élever, à se condenser et à descendre, font tout le mélange et les productions de la Nature.

La distillation diffère de la sublimation, en ce que la première se fait par l'élévation des choses humides, qui distillent ensuite goutte à goutte, au lieu que la sublimation et l'élévation d'une matière sèche s'attache au vaisseau. L'une et l'autre sont vulgaires.

La distillation et la sublimation, philosophiquement parlant, sont une purgation, subtilisation, rectification de la matière.

La coagulation et la fixation sont les deux grands instruments de la Nature et de l'Art.

 

QUINTESSENCE -

Le problème de la Quintessence était plus rationnel ; il s'agissait d'extraire de chaque corps les parties les plus actives : le résultat immédiat fut le perfectionnement des procédés distillatoires.

 

ROI (LE)

Morien dit : « La science de notre Magistère est comparable en tout à la procréation de l'homme.

(Voir l' explication à Coït.. puisque le paragraphe revient souvent! )

Puis, lorsque la terre a retenu en soi un peu de Mercure, on dit qu'il y a conception. Quand nous disons que le mâle agit sur la femelle, il faut entendre par là que le Mercure agit sur la terre. C'est pourquoi les Philosophes ont dit que notre Magistère est mâle et femelle et qu'il résulte de l'union de ces deux principes.

Après l'adjonction de l'Eau, c'est-à-dire du Mercure, la terre croît et augmente en blanchissant, on dit alors qu'il y a imbibition. Ensuite le ferment se coagule, c'est-à-dire qu'il se joint au corps imparfait, préparé comme il a été dit, jusqu'à ce que sa couleur et son aspect soient uniformes : c'est la naissance, parce qu'à ce moment apparaît notre Pierre que les Philosophes ont appelée : le Roi, comme il est dit dans La Tourbe des Philosophes: « Honorez notre roi sortant du feu, couronné d'un diadème d'or; obéissez-lui jusqu'à ce qu'il soit arrivé à l'âge de la perfection, nourrissez-le jusqu'à ce qu'il soit grand.

Son père est le Soleil, sa mère est la Lune ; la Lune c'est le corps imparfait. Le Soleil c'est le corps parfait. »

 

Cinquièmement et en dernier lieu vient l'alimentation, plus il est nourri, plus il s'accroît. Or, il se nourrit de son lait, c'est à dire du sperme qui l'a engendré au commencement. Il faut donc l'imbiber de Mercure, jusqu'à ce qu'il en ait bu deux parties, ou plus si c'est nécessaire.

 

SOLUTION

La solution, chymiquement parlant, est une atténuation ou liquéfaction de la matière sous forme d'eau, d'huile, d'esprit ou d'humeur. Mais la [solution] philosophique est une réduction du corps en la première matière, ou une désunion naturelle des parties du composé, et une coagulation des parties spirituelles. C'est pourquoi les Philosophes l'appellent une solution du corps et une congélation de l'esprit. Son effet est d'aquéfier, dissoudre, ouvrir, réincruder, décuire, et évacuer les substances de leur terrestréités, de décorporifier le mixte pour le réduire en sperme.

 

SPIRITUS MUNDI

Les alchimistes essayèrent aussi de recueillir le Spiritus mundi, l'esprit du monde. Cette substance répandue dans l'air, saturée des influences planétaires, possédait une foule de propriétés merveilleuses, notamment de dissoudre d'or. Ils la cherchaient dans la rosée, dans le flos cœli ou nostoc, sorte de cryptogame, qui apparaît après les grandes pluies : « La pluye de l'équinoxe me sert d'instrument pour faire sortir de la terre le flos cœli ou la manne universelle que je vais cueillir pour la faire corrompre, afin d'en séparer miraculeusement une eau qui est la vraie fontaine de Jouvence qui dissout l'or radicalement » (de Respour, Rares expériences sur l'esprit minéral).

 

STRATIFICATION

Stratifier signifie mettre différentes matières lit sur lit. Cette opération se fait lorsqu'on veut calciner un minéral, ou un métal, avec un sel ou quelque autre matière.

 

SUBLIMATION

La distillation et la sublimation n'ont été inventées qu'à l'imitation de celles de la Nature à l'égard des éléments, dont l'inclination ou la disposition à se raréfier et s'élever, à se condenser et à descendre, font tout le mélange et les productions de la Nature.

La distillation diffère de la sublimation, en ce que la première se fait par l'élévation des choses humides, qui distillent ensuite goutte à goutte, au lieu que la sublimation et l'élévation d'une matière sèche s'attache au vaisseau. L'une et l'autre sont vulgaires.

La distillation et la sublimation, philosophiquement parlant, sont une purgation, subtilisation, rectification de la matière.

La coagulation et la fixation sont les deux grands instruments de la Nature et de l'Art.

 

UNION DU MALE ET DE LA FEMELLE

Morien dit : « La science de notre Magistère est comparable en tout à la procréation de l'homme.

Premièrement, le coït (Idem.. se reporter au Coït). ......C'est pourquoi les Philosophes ont dit que notre Magistère est mâle et femelle et qu'il résulte de l'union de ces deux principes.

Après l'adjonction de l'Eau, c'est-à-dire du Mercure, la terre croît et augmente en blanchissant, on dit alors qu'il y a imbibition. Ensuite le ferment se coagule, c'est-à-dire qu'il se joint au corps imparfait, préparé comme il a été dit, jusqu'à ce que sa couleur et son aspect soient uniformes : c'est la naissance, parce qu'à ce moment apparaît notre Pierre que les Philosophes ont appelée : le Roi, comme il est dit dans La Tourbe des Philosophes: « Honorez notre roi sortant du feu, couronné d'un diadème d'or; obéissez-lui jusqu'à ce qu'il soit arrivé à l'âge de la perfection, nourrissez-le jusqu'à ce qu'il soit grand.

Son père est le Soleil, sa mère est la Lune ; la Lune c'est le corps imparfait. Le Soleil c'est le corps parfait. »

Cinquièmement et en dernier lieu vient l'alimentation, plus il est nourri, plus il s'accroît. Or, il se nourrit de son lait, c'est à dire du sperme qui l'a engendré au commencement. Il faut donc l'imbiber de Mercure, jusqu'à ce qu'il en ait bu deux parties, ou plus si c'est nécessaire.

 

LES PRINCIPAUX AUTEURS DE CE LEXIQUE SONT :

Bacon  Roger, ------------------------------Le miroir d'Alchimie,

Lémery Nicolas (1675), -------------------Cours de chymie

Lulle  Raymond,(1235) -------------------La Clavicule -

Pernéty Dom Antoine Joseph (1786),

Poisson Albert (1891, ---------------------Théories et symboles des alchimistes - Le Grand Œuvre)

Villeneuve  Arnaud de, (1303)  ---------Le Chemin des Chemins

| RETOUR |